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Le manager v.3.0 : avoir de l’influence ou être un influenceur ?

by | Jan 31, 2020 | Publication

 Avez-vous remarqué que dans la littérature du leadership, l’influence est souvent considérée comme une compétence ou “soft skill” à acquérir. Savoir influencer son organisation consisterait à créer plus de confiance avec son équipe ou ses partenaires, étendre son réseau pour diffuser ses idées et promouvoir ses projets ou réalisations. Bref, faire plus, plus, plus … Et si tu fais plus, tu deviendras grand et seras capable d’influencer, petit scarabée …

Cette façon de penser illustre une fois de plus que, souvent, les entreprises restent dans une logique de capitalisation. De la même manière que l’on capitalise des connaissances ou de l’expérience, on capitaliserait sa capacité d’influencer. Or, à mon sens, on peut être un bon influenceur quels que soient son poste et/ou son ancienneté. Car il y a une différence de taille entre AVOIR  de l’influence et ETRE un influenceur. Dans le premier cas, il s’agit en effet d’une soft skill de plus, dans le second cas, c’est un état d’esprit qui devient de plus en plus recherché par les recruteurs. Alors, qu’est-ce qu’être un influenceur ? 

Linkedin a récemment publié les soft skills les plus recherchées par les entreprises en 2019 (à lire ICI). Voici le top 5 :

  • Créativité
  • Persuasion
  • Esprit d’équipe
  • Adaptabilité
  • Intelligence émotionnelle

Je pense que si on avait voulu faire le portrait-robot du bon influenceur, on n’aurait pas su le définir avec des caractéristiques plus justes, vous ne trouvez pas ?.

Alors reprenons tous ces softs skills pour voir comment l’influenceur les applique au travail.

Développer son intelligence émotionnelle ou être en posture d’écoute ?

Un influenceur connecte avec les autres. Pour cela, l’influenceur prend une posture d’écoute. Etre dans l’écoute évite d’être soit dans une posture haute (qui porte un jugement sur son interlocuteur) soit dans une posture basse (qui attend l’appréciation de son interlocuteur). Nos antennes d’intelligence émotionnelle sont déployées.

Etre adaptable ou bien connaître son environnement ?

Pour influencer, il faut savoir communiquer … C’est un grand poncif ! Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? C’est de savoir adapter sa communication à son interlocuteur ou plus exactement à la relation que vous entretenez avec lui … Est-ce un soutien à mettre de votre côté ? Est-ce un client à satisfaire ? Est-ce une personne qui a des attentes contraires aux vôtres ? Savoir conscientiser et formaliser quelles sont les forces alliées et forces de résistance dans votre environnement est une façon efficace d’adapter votre communication. Un coach systémique saura faciliter ce travail de manière efficace.

Persuader oui, embarquer c’est encore mieux !

Savoir s’adapter, c’est aussi développer une certaine empathie qui vous permettra de vous mettre à la place de votre interlocuteur pour cerner ses attentes, ses doutes et ses peurs. Si vous avez développé votre intelligence émotionnelle et votre capacité d’adaptation, la persuasion suivra. Je ne déteste rien tant que l’expression « développer votre force de persuasion ». On associe souvent l’influenceur au manipulateur. Il n’en est rien : l’influenceur propose là où le manipulateur imposera in fine sa solution. L’influenceur persuade certes mais c’est une conséquence du travail qu’il réalise pour embarquer les personnes autour de lui à le suivre.

Travailler en équipe ou co-construire ?

L’influenceur est donc un élément moteur dans un groupe. Cela ne veut pas dire qu’il a le poste le plus élevé ou la personnalité la plus en vue au sein de l’équipe. D’ailleurs, l’influenceur n’est pas toujours bien vu de son supérieur hiérarchique (qui parfois peut se sentir menacé). En effet, l’influenceur est naturellement reconnu car il est capable de trouver la bonne solution. Mais il ne l’invente pas seul ! L’influenceur co-construit ses solutions en écoutant les éléments apportés par les autres. C’est aussi pour cela qu’il sait si bien persuader. Ce qui fera le petit “plus” de l’influenceur est sa capacité à trouver la solution qui sortira des clous, à laquelle on n’aurait pas pensé de prime abord.

Etre créatif ou savoir comprendre ses échecs ?

L’influenceur se nourrit des autres mais aussi de ses expériences passées. Il sait analyser ses succès mais aussi ses échecs. Dans le monde du travail, nous sommes considérés comme des « savants » : aussi, dès que nous ne réussissons pas dans nos fonctions, cela est considéré comme un échec par les autres mais aussi (et parfois avant tout !) par nous-mêmes. Dans l’enfance, nous sommes considérés comme des « apprenants », nos expériences nous font grandir. L’influenceur sait prendre une posture d’apprenant. Et comme l’influenceur travaille en équipe, il saura d’autant plus facilement alerter le groupe en lui disant : « Attention, nous ne sommes pas là où nous devrions être, prenons du recul et envisageons les choses un peu différemment en considérant ce que les échecs rencontrés nous enseignent ».

manager 3.0 influence influencer

Après le boss, le leader par l’exemple, les théories du management s’orientent vers une version du manager 3.0 qui a tous les attributs de l’influenceur. Ceci est d’autant plus vrai que l’influenceur saura se montrer à l’aise dans les organisations agiles qui fleurissent actuellement.

AVOIR des qualités d’influenceur est un plus mais ETRE un influenceur est une attitude qui s’apprend. Travailler avec un coach vous permettra de devenir vous-même un influenceur.

Quelques mots sur l’auteur

Luz d’Ans est Executive Coach. Diplômée de Sciences Po (Paris), elle a travaillé pendant 15 ans dans des grand groupes internationaux en tant que Risk Manager. Elle est formée aux neurosciences appliquées au leadership (neuroleadership) et au coaching systémique d’entreprise. Elle accompagne les entreprises dans les défis de leurs transformations : prise de poste, situation complexe, reprise d’activité après un accident de vie.

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